La guerre est une ruse – Frédéric Paulin

Hello tout le monde ! J’ai reçu ce polar dans le cadre de l’opération Explorateurs du polar de lecteurs.com. Je l’avais déjà repéré en librairie et j’aime beaucoup les éditions Agullo, ce fut donc l’occasion de découvrir cet auteur français, Frédéric Paulin. C’est la première fois qu’un auteur français est édité chez Agullo, plutôt spécialisé en fiction étrangère. La guerre est une ruse est le premier tome d’une trilogie dont le second vient d’ailleurs de sortir au mois de mars.

L'avis

Je ne sais pas trop par où commencer pour vous parler de ce roman foisonnant et je regrette de ne pas trouver les mots justes pour vous en parler au mieux. Frédéric Paulin mêle la noirceur de l’âme humaine, les manipulations politiques les plus perfides et une violence psychologique et physique dans ce polar noir historique tout en préservant la dimension humaine de son récit. Un vrai tour de force !

Le roman commence au début des années 90 lorsque l’Algérie est sur la voie de la démocratisation et que le pouvoir en place autorise la création de nombreux partis. Parmi eux, le Front Islamique du Salut (FIS) émerge largement lors des élections législatives de 92. Prenant peur face au risque de l’instauration d’une république islamiste en Algérie, le gouvernement annule le scrutin, décrète l’état d’urgence et interdit le FIS. Cela a pour effet de plonger le pays dans une guerre civile pour une décennie noire et de reléguer les islamistes dans le maquis qui se regroupent sous le Groupe Islamique Armée (GIA). Dans ce contexte tendu, nous suivons un officier de la DGSE franco-algérien, Tedj Benlazar, qui avance sur ce terrain miné en proie à toutes les plus perfides manipulations et à tous les meurtres les plus horribles. Il commence à se poser des questions sur les liens entre les militaires algériens et les milices islamistes. Le roman nous emmène ainsi jusqu’à l’attentat du RER en 1995 par Khaled Kelkal.

Je ne vous cache pas avoir été un peu perdue au début du roman. Je n’étais pas du tout familière avec ce pan de l’histoire algérienne et ce ne fut pas simple de comprendre tout les enjeux au début. J’ai d’ailleurs dû aller faire un petit tour sur Wikipédia afin d’appréhender le conflit. Le glossaire à la fin du roman est aussi très utile, surtout pour les acronymes. Entre le FIS, GIA, DRS à chaque page, il y a de quoi s’y perdre ! Une fois le décor planté, j’ai pu complètement être embarquée par l’intrigue. Le talent de l’auteur est indéniable tant il nous transporte avec brio dans cette société algérienne gangrénée par la guerre civile et l’islamisme radicale. La tâche n’était pas aisée, le projet était ambitieux mais c’est une vraie réussite. Avec un sujet si difficile à traiter et encore tabou en France, je ne pensais pas accrocher comme cela et c’est parce que j’avais vu de nombreux retours positifs que j’avais fait le choix ce de roman. Je n’y serais peut-être pas allée de moi-même en lisant la quatrième de couverture mais cela aurait été une grave erreur !

C’est aussi un formidable roman d’espionnage avec des personnages riches, ambigus, dont on ne sait pas toujours dans quel camp ils se trouvent. Le personnage principal, Tedj, a un passé tourmenté ce qui le rend terriblement humain tandis que les personnages secondaires, comme les femmes, ne sont pas négligés non plus. L’auteur mêle habilement les personnages fictifs et réels entre intrigue romanesque et Histoire algérienne. Le pays est également un personnage à lui tout seul tant l’auteur arrive à nous y transporter sans jamais y avoir mis les pieds. Sans jugement ni morale, Frédéric Paulin parvient à retranscrire l’ambiance d’une époque, violente et délétère, avec un style incisif. Tout est très noir et il ne faut se fier à personne !

Bref, je ne peux que vous recommander ce formidable roman sur un sujet rarement traité. Je n’ai plus pu le lâcher dans les cent dernières pages. Même si a priori, il ne vous tente pas plus que cela, soyez curieux et vous ne serez pas déçus ! Quant à moi, je ne vais pas manquer de découvrir le deuxième tome, Les prémices de la chute, qui vient de paraître, toujours chez Agullo.

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La guerre est une ruse, Frédéric Paulin
Éditions Agullo (Agullo Noir), 384 pages
Date de parution : 6 septembre 2018

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3 commentaires sur “La guerre est une ruse – Frédéric Paulin

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