[Chroniqueur invité] L’Homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kivirähk

Hello tout le monde ! Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle rubrique qui me tient à cœur, celle du chroniqueur invité et j’espère qu’elle va vous plaire ! J’ai demandé à mes proches s’ils souhaitaient participer au blog en publiant un article de manière ponctuelle. Pour cette première, c’est un très bon ami physicien et un excellent compagnon de course qui s’y est collé : Jérémy. Je lui ai demandé une petite photo qui le représentait pour le connaître un peu mieux :

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En tant qu’amoureux des voyages (on pourrait appeler cette rubrique le chroniqueur voyageur en fait ^^), il a opté pour le dépaysement mais je lui laisse le soin de vous présenter ce roman et de vous dire ce qu’il en a pensé ! Pour vous mettre dans l’ambiance, il vous propose d’écouter Curly Strings de Kauges Külas et Greip de Vihma Loits, deux musiques estoniennes.

Le chroniqueur invité : Jérémy

Aujourd’hui, j’ai très envie de vous parler d’un roman issu d’un pays européen dont on entend peu souvent parler : l’Estonie. Malgré sa faible population (à peine plus d’un million d’habitants) et sa tradition écrite plutôt récente (le premier vrai texte littéraire en estonien date du début du XVIIIe siècle), ce pays ne manque pas d’auteurs de talent. Je n’ai cependant pas longtemps hésité au moment de choisir un roman à découvrir : ce sera L’homme qui savait la langue des serpents, d’Andrus Kiviräkh. En effet, l’auteur est un des écrivains les plus populaires du moment en Estonie et a donc vu plusieurs de ses romans traduits en français. Par ailleurs, la couverture du livre très réussie et la quatrième de couverture fantastico-déjantée m’ont définitivement convaincu de lui donner sa chance.

quatrieme_couverture

« L’Homme qui savait la langue des serpents raconte l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède. »

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L’histoire se déroule à l’époque médiévale et s’étend sur plusieurs dizaines d’années. Elle est racontée du point de vue de Leemet, un jeune enfant au début du roman, qui vit avec les siens dans la forêt comme son peuple en a l’habitude depuis la nuit de temps. Les habitants de la forêt vivent en harmonie avec celle-ci et sont capables de communiquer avec les animaux en utilisant la langue des serpents. Cependant, les temps changent, la langue des serpents se perd petit à petit et certains se désintéressent de ce mode de vie ancestral pour déménager dans le village situé juste à côté de la forêt.

En lisant la quatrième de couverture, je craignais que l’imagination débordante de l’auteur ne desserve la construction du récit et que l’histoire n’ait ni queue ni tête. J’ai été rapidement rassuré : les éléments fantastiques et loufoques s’insèrent naturellement dans la narration et forment un univers étonnamment cohérent et crédible. Par ailleurs, j’ai trouvé le style de l’auteur agréable, direct et sans fioritures, ce qui donne du rythme au récit et m’a parfois rappelé le style utilisé dans les contes. Comme on pouvait s’y attendre, l’humour est bien présent tout au long du roman et est à mon avis vraiment utilisé à bon escient et au service de l’histoire. L’auteur ne s’est pas contenté de créer des personnages originaux, mais il utilise également l’humour pour souligner le ridicule ou l’absurdité de leur comportement.

Parmi les nombreux points forts de ce roman, j’ai particulièrement apprécié les ressemblances qui existent entre le comportement des protagonistes et notre façon très personnelle de nous adapter à l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Je me suis parfois reconnu dans les réactions des personnages et chacun d’entre eux pourrait trouver son équivalent à notre époque : le « sage » qui s’accroche à tout prix aux traditions, ceux qui ont déménagé au village et vantent envers et contre tout les mérites de leur nouvelle vie, les habitants de la forêt qui tournent en ridicule le mode de vie des villageois…

Malgré le ton léger du début de l’histoire, les choses deviennent rapidement plus sérieuses et l’atmosphère s’assombrit au fur et à mesure des nombreux rebondissements qui jalonnent le récit. Je ne me suis jamais ennuyé durant la lecture et plus que ça, je suis vraiment passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel des émotions ! S’il faut trouver un point faible au roman, je pointerai peut-être la dernière partie, où le rythme s’essouffle quelque peu et où la morosité atteint son paroxysme, ce qui pourra peut-être en lasser certains, malgré la conclusion réussie que l’auteur apporte au roman.

En conclusion, ce livre est un vrai coup de cœur ! J’ai dévoré ce roman comme ça ne m’était plus arrivé depuis quelques années et je vous en recommande chaudement la lecture, même si vous n’appréciez pas particulièrement les récits fantastiques.

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L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kiviräkh
Traduction et postface de Jean-Pierre Minaudier
Éditions Le Tripode, 440 pages
Date de parution : 01/08/2013

Merci à Jérémy pour sa chronique et son enthousiasme !

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