Le diable dans la peau – Paul Howarth

Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, je vais vous présenter une jolie surprise reçue des éditions Denoël le mois dernier : Le diable dans la peau de Paul Howarth et traduit de l’anglais (australien) par Héloïse Esquié (collection Sueurs Froides). Je me suis laissé tenter par ce premier roman car je lis rarement de romans australiens. Cela change de tous les romans se passant en Amérique du Nord et j’ai eu envie de sortir de ma zone de confort avec ce western dans le bush australien. La dimension coloniale m’intriguait aussi beaucoup en lisant la quatrième de couverture.

quatrieme_couverture

Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est stérile, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement.

L'avis

Volontairement, je vous ai tronqué la quatrième de couverture de l’éditeur ci-dessus car j’ai trouvé qu’elle en disait trop, la suite du résumé nous dévoile en effet le drame qui arrive après le premier quart du roman et j’aurais aimé être surprise. Durant les cent premières pages, j’ai attendu que l’événement annoncé arrive et que l’histoire démarre car c’est l’élément déclencheur de l’aventure car oui, c’est un vrai roman d’aventure en plus d’être un roman noir.  Ainsi, après un début poussif, la chevauchée vengeresse des deux frères McBride aux côtés de l’ennemi juré de leur père est lancée et on ne s’ennuie plus jusqu’à la fin. En cette fin du XIXe siècle, au cœur du Queensland, les deux jeunes frères, Tommy et Billy, aveuglés par leur chagrin se laissent entraîner par le squatter John Sullivan, qui a fait appel à Noon, inspecteur de la police aborigène, dans une véritable chasse à l’homme à la poursuite d’un jeune vacher aborigène. J’ai trouvé intéressant que l’auteur s’attache à mettre en lumière les persécutions et les violences que les Aborigènes subissaient à cette époque de la part des colons britanniques en Australie. En plus d’être soumises, les populations noires étaient décimées par la soif de sang des Blancs qui mènent, dans ce roman, des expéditions punitives de manière totalement arbitraires envers les Aborigènes. Et tout cela avec l’aide et la complicité de la police montée indigène. L’auteur dénonce ainsi la colonisation violente de l’Australie et le traitement réservé aux populations indigènes ainsi que la ségrégation. Il nous donne quelques informations historiques dans une note de fin ce qui renforce notre indignation.

On se retrouve donc embarqué dans un vrai western noir dans le Queensland profond. Si le style est simple et sans relief, le récit est réussi et parvient à nous faire vibrer pour les deux frères. Comme eux, on est tiraillé entre le sentiment de vengeance et la raison. Tommy est réfléchi tandis que Billy est fonceur ce qui va mener à des tensions entre eux, Sullivan ne va donc pas se faire prier pour utiliser ces désaccords à son avantage. On s’attache facilement à Tommy et on peste contre Billy tout au long du livre. À travers plusieurs scènes violentes, le vrai caractère des personnages se révèle et bien qu’on s’attende au retournement final, on arrive à l’épilogue sans s’en rendre compte. C’est poignant, brutal et poisseux, tout ce que j’aime dans un roman noir !

Je vous recommande donc ce bouquin et je vous conseille de persister jusqu’à la centième page où le roman décolle vraiment. L’installation de l’intrigue est un peu longue mais la suite devrait vous ravir si vous aimez les romans noirs dans l’ambiance western. La colonisation est au cœur du roman et l’auteur nous interroge constamment sur le comportement des Blancs envers les Aborigènes à travers un fond réaliste sur leur condition à cette époque. J’ai aimé cet aspect et l’originalité de ce roman noir se déroulant en Australie.

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Le diable dans la peau, Paul Howarth
Traduit par Héloïse Esquié
Éditions Denoël, 432 pages
Date de parution : 18/10/2018

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