Empreintes de crabe – Patrice Nganang

Bonjour à toutes et à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma troisième lecture de l’aventure des Explorateurs de la rentrée de lecteurs.com.

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Il s’agit de Empreintes de crabe de Patrice Nganang et ce fut malheureusement ma déception de la sélection. Je n’ai pas été du tout réceptive à ce roman et je manquais en plus de références sur la guerre du Cameroun. Il pourrait néanmoins plaire à d’autres et en particulier, à ceux intéressés par l’histoire de l’Afrique.

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C’est la première fois que Nithap, alias Vieux-Père, rend visite à son fils installé aux États-Unis. Il a accepté de quitter Bangwa, à l’ouest du Cameroun, cette ville où il a toujours vécu, où il est devenu infirmier, où il a connu la guerre, où il est tombé amoureux, où ses enfants sont nés. Mais le séjour se prolonge : Nithap est malade et son fils veut le garder auprès de lui. À quarante ans, celui-ci refuse que son père se laisse mourir. Il entend connaître enfin cet homme si secret auprès duquel il a grandi. Alors la voix de Nithap s’élève et remonte le temps pour raconter ce que son fils n’a pas vécu et dont personne ne parle ni ne veut se souvenir, cette guerre civile qui a déchiré le pays au temps de l’indépendance, ses soldats, ses martyrs. Le fils écoute le père, l’histoire de sa famille et la prière de cette terre devenue sanglante.
De New York au pays Bamiléké, les voix se mêlent, le temps n’existe plus, les époques se confondent. Patrick Nganang, dans ce grand roman, fouille les mémoires, raconte des vies bouleversées par la guerre ou l’exil, et un pays où le passé est une douleur, le présent un combat, où chacun cherche sa liberté.

L'avis

Le vieux Nithap n’a jamais quitté son Cameroun natal mais se décide un jour à rendre visite à son fils, installé aux États-Unis avec sa femme et sa fille. Afin de se faire soigner, il va prolonger son séjour et raconter ses souvenirs du pays et de la guerre civile qui l’a secoué dans les années 50 et 60. Entre l’Amérique et le Cameroun, entre le passé et le présent, Nithap nous parle de ses peurs et de ses espoirs, des tragédies et des bonheurs traversés, de la vie et de la mort.

J’avoue être rentrée un peu à reculons dans ce roman d’un auteur franco-camerounais que je ne connaissais pas. D’une part car je n’ai jamais accroché à la littérature africaine, peut-être une question de sensibilité, et d’autre part car la quatrième de couverture ne m’attirait pas au premier abord. Mais, je ne suis jamais à l’abri d’une jolie surprise, je laisse donc mon a priori de côté et me plonge dans les souvenirs de Nithap. Malheureusement, je n’ai pas vraiment réussi à aimer ce bouquin.

Dans la majeure partie du livre, le personnage principal nous raconte la guerre du Cameroun. Cela aurait pu être très intéressant car je suis passionnée par l’Histoire et je ne connais que très peu l’histoire de l’Afrique. Cependant, l’auteur m’a perdue dans les différentes ramifications du conflit, les intérêts de chacun, les différentes forces en présence et les nombreux personnages impliqués. Il nous noie sous les détails qui plairaient sans doute à un connaisseur de la région mais qui m’ont, personnellement, complètement égarée et m’ont fait perdre le fil de l’intrigue. Je me suis retrouvée désemparée face au récit à ne plus pouvoir recoller les bribes. J’ai essayé de m’accrocher car j’avais envie de comprendre et d’appréhender les raisons d’un conflit assez flou entre les forces colonisatrices françaises, les nationalistes de l’UPC et les autorités camerounaises mais rien n’y a fait !

En revanche, j’ai aimé les scènes du présent, aux États-Unis sur le rapport filial et l’importance de la mémoire des anciens. Les personnages sont attachants et l’intrigue intéressante. De plus, le style n’est pas en reste et j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur. L’écriture est teintée d’ambiance camerounaise et elle fait voyager. En effet, l’auteur y a laissé volontairement des mots et même des paragraphes entiers en bamiléké, une langue très chantante qui donne du rythme au récit. Le peuple bamiléké est l’ethnie principale du pays et c’est dans cette région que la guerre a éclaté. L’utilisation de mots en dialecte local apporte une touche originale au roman. Toutefois, l’emploi des ndaps, patronymes en bamiléké, mêlée à celui des noms usuels et des surnoms n’a fait que rajouter de la confusion dans mon esprit et j’avais tendance à mélanger les personnages. Pourtant, cela était une très bonne idée mais peut-être mal exploitée.

Bref, ma première impression s’est confirmée : ce roman foisonnant n’est pas fait pour moi et n’a pas réussi à me réconcilier avec la littérature africaine. Certes, il est important pour mettre en lumière la guerre du Cameroun et les ravages de la colonisation mais trop de détails et de personnages ont eu raison de ma compréhension. Ce n’est pas un mauvais roman mais je pense ne pas être le bon public, il plaira donc sûrement à de nombreux autres lecteurs et en particulier, ceux intéressés par l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.

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Empreintes de crabe, Patrice Naganang
Éditions JC Lattès, 400 pages
Date de parution : 22/08/2018

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3 commentaires sur “Empreintes de crabe – Patrice Nganang

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    1. Oui pour cette fois c’est raté… Il ne me convenait pas, ça arrive mais je suis sûre qu’il plaira à de nombreux autres lecteurs !

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