Maîtres et esclaves – Paul Greveillac

Bonjouclubdesexplorateurs_02r à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd’hui autour de ma deuxième lecture dans le cadre des Explorateurs de la rentrée de lecteurs.com. Il s’agit de Maîtres et esclaves de Paul Greveillac chez Gallimard. J’ai découvert cet auteur à cette occasion et ce fut plutôt une bonne surprise.

 

quatrieme_couverture

Kewei naît en 1950 dans une famille de paysans au pied de l’Himalaya, dans la vaste campagne chinoise. Au marché de Ya’an, sur les sentes ombragées du Sichuan, aux champs et même à l’école, Kewei, en dépit des suppliques de sa mère, dessine du matin au soir. La collectivisation des terres bat son plein et la famine décime bientôt le village.
Repéré par un Garde Rouge, Kewei échappe au travail agricole et à la rééducation permanente.
Sa vie bascule. Il part étudier aux Beaux-Arts de Pékin, laissant derrière lui sa mère, sa toute jeune épouse, leur fils et un village dont les traditions ancestrales sont en train de disparaître sous les coups de boutoir de la Révolution.
Dans la grande ville, Kewei côtoie les maîtres de la nouvelle Chine, obtient la carte du Parti.
Devenu peintre du régime, son ascension ne connaît plus de limite. Mais l’Histoire va bientôt le rattraper.

L'avis

À l’aube de la Révolution Culturelle, Kewei naît dans un petit village de la Chine rurale, au pied de l’Himalaya. Fils de paysan, son avenir en tant que travailleur agricole est tout tracé mais ce qu’il aime par-dessus tout, au désespoir de sa mère, c’est dessiner. Lorsque les Gardes Rouges débarquent au village, l’un d’eux repère le talent de Kewei et ce dernier est ainsi envoyé aux Beaux-Arts à Pékin pour devenir peintre au service de la propagande.

Avant de commencer ce roman, je n’avais qu’une connaissance très vague de l’Histoire de la Chine contemporaine et cela ne m’a pas vraiment aidée en le commençant. En effet, ma lecture s’est révélée assez ardue car je manquais de références et l’auteur n’introduit pas nécessairement tous les événements, ce qui semble logique pour assurer la fluidité de l’écriture. J’ai donc pris le temps de me renseigner sur l’Histoire et les personnages impliqués pour profiter pleinement de ma lecture et cela m’a été bénéfique d’autant que j’aime beaucoup les romans historiques. Vous l’aurez donc compris, ce roman mêle la grande Histoire à la petite histoire d’une manière réussie et c’est très agréable d’apprendre et de se divertir en même temps. La petite histoire est, elle aussi, captivante et je me suis facilement attachée à Kewei, même si ses revirements d’opinion m’ont parfois irritée. C’est un personnage complexe et j’étais donc tiraillée entre la tendresse et l’exaspération tout au long de ma lecture. Ce personnage porte le roman à lui tout seul tant il est omniprésent et abouti.

Dès le début, j’ai été frappée par la qualité de l’écriture et la poésie qui s’en dégageait. Avec un style affirmé et travaillé, l’auteur déroule son intrigue de manière très fluide et le soin qu’il a apporté à la forme ne s’est certainement pas fait au détriment du fond. Je me suis sentie emportée par l’histoire dès le début et j’ai dévoré la première partie sur l’enfance et l’adolescence de Kewei. L’ensemble est très fouillé et documenté ce qui débouche sur un roman très dense. J’ai senti que l’auteur s’était méticuleusement informé sur le contexte politique et culturel, les rapports de force à chaque époque, les événements marquants et les peintres chinois. Il y a un revers à la médaille : j’ai senti une petite baisse de régime au milieu du roman. J’avançais alors plus lentement avant que le rythme ne reprenne de plus belle et ne s’épuise plus jusqu’à la fin, une fin que j’ai trouvée d’ailleurs très réussie !

Bref, malgré quelques longueurs et un manque personnel de références, j’ai beaucoup aimé la lecture de ce roman dont je n’avais pas entendu parler et j’espère qu’il se fera une petite place dans cette rentrée littéraire (edit : je l’ai vu passer dans plusieurs listes de prix donc ça devrait aller ;-)). C’est un roman ambitieux qui couvre l’Histoire de la Chine des années 50 à nos jours sans délaisser l’intrigue et le personnage de Kewei.

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Maîtres et esclaves, Paul Greveillac
Éditions Gallimard, 464 pages
Date de parution : 23/08/2018

 

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