Gaza dans la peau – Selma Dabbagh

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un roman noir reçu dans le cadre de l’opération Explorateurs du Polar de lecteurs.com, merci à eux et aux éditons de l’Aube !

La quatrième de couverture

Gaza est bombardée. Rashid est en train de regarder les obus tomber en fumant un joint quand il reçoit ­l’e-mail lui annonçant qu’il peut partir à Londres. Iman, sa sœur jumelle, ne supporte plus les atrocités et l’inaction qui les entourent, elle envisage de rejoindre un groupe de résistance islamique. Sabri, leur frère aîné, a perdu sa famille et ses deux jambes dans un attentat à la voiture piégée. Leur mère semble avoir un passé trouble. Leur père a fui pour s’établir dans un pays du Golfe.
Le récit suit la vie de cette famille, la façon dont chacun essaie de se trouver une place au monde, le fossé croissant entre les factions palestiniennes, la montée du fondamentalisme… Roman noir car la pression est constante, la réalité dépeinte tragique, mais écrit avec une humanité et un humour extraordinaires, il donne à voir une autre Palestine.

L'avis

Sensible aux problématiques du conflit israélo-palestinien, à la géopolitique en général et grande fan de polars, je ne pouvais que choisir ce roman dans la sélection du site. Je ne connaissais pourtant ni le roman ni l’auteure palestinienne, Selma Dabbagh, mais le résumé m’a tout de suite interpellée et le roman noir est un genre que j’affectionne particulièrement. En effet, ici, nous ne sommes pas en présence d’un polar, d’un thriller, d’un roman où une enquête se déroule ou où un meurtre est commis, c’est tout le contraire. Tout est dans l’ambiance, l’atmosphère qui se dégage de l’écriture et du contexte tendu de la vie à Gaza sous les bombardements incessants et les tensions permanentes.

On est aux côtés d’une famille gazaouie, les Mujahed, qui vit dans la dernière maison debout d’un camp de réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza. Le père a dû fuir dans un pays du Golfe suite à son action dans l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP), la mère a un passé trouble mais tente de maintenir une cohésion avec ses enfants. Rashid et Iman sont les deux jumeaux de la famille, le premier vient de décrocher une bourse pour Londres et la seconde veut agir et se laisse peu à peu tenter par les Islamiste des la région. L’aîné, Sabri, est condamné à vivre en fauteuil suite à un attentat dans lequel il a perdu sa famille. De Londres à Gaza, on va suivre les péripéties et les combats de cette famille éclatée et durement touchée par la guerre.

Pour aider le lecteur à comprendre la situation de la bande de Gaza, l’auteure nous donne une petite note explicative au début du livre et quelques cartes de l’évolution du territoire palestinien par rapport à Israël sont également dessinées. Cela permet de fixer les idées et de partir avec une bonne base objective dans la lecture. L’auteure fait en effet référence à de nombreuses reprises aux différentes étapes du conflit et du grignotage de leur territoire. Elle met en lumière la situation difficile des populations déplacées dans les camps sous les bombardements continus, la peur permanente, la paranoïa sans faire la morale ou accuser. Outre le conflit avec Israël, la Palestine est aussi en proie à des luttes internes entre l’OLP, les Islamistes, les factions extrémistes… Elle met aussi en exergue l’espoir des jeunes de voir la Palestine un jour en paix, un espoir ténu certes et souvent déçu mais ils continuent à se battre pour leur Peuple et leurs terres.

Je reconnais qu’au début, ma lecture n’était pas facile : je me perdais dans les personnages et la difficulté du conflit et de ses ramifications a failli avoir raison de moi ! Mais, petit à petit, tout se met en place et je suis rentrée complètement dans le roman. Je l’ai trouvé très sombre, noir, il y a des lueurs d’espoir dans les actions et les pensées des personnages, la lutte continue mais on sent qu’il est difficile de survivre dans cet environnement et qu’une issue au conflit reste impossible pour le moment. Même lorsqu’ils sont à Londres, les jeunes de la famille Mujahed ne sont pas à l’abri et sont assimilés à des terroristes. À la fin du roman, l’action s’accélère et le suspense est pesant jusqu’au dénouement. L’écriture est également très agréable même si j’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation au style. Il faut d’ailleurs saluer la traduction de Benoîte Dauvergne.

Pour conclure, on tient ici un captivant premier roman (!) au cœur de la bande de Gaza, un décor effroyable magnifiquement décrit par Selma Dabbagh. C’est très pessimiste malgré quelques lueurs d’espoir. La tension est permanente et croissante ce qui en fait un très bon roman noir vif et mordant.

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Gaza dans la peau, Selma Dabbagh
Éditions de l’Aube (Collection Aube Noire), 360 pages
Date de parution : 07/09/2017

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