Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

J’ai découvert Karine Giebel il y a quelques années avec Meurtres pour rédemption, une brique que j’avais engloutie en quelques jours 😉 Depuis, je suis ses parutions et même si je n’ai pas tout lu, à chaque lecture la magie a opéré et j’ai déjà dévoré quelques uns de ses romans. Elle est aujourd’hui devenue une valeur sûre du thriller français à l’instar des Thilliez ou Chattam et je m’en réjouis. Pourtant, cette fois, j’ai été déçue à l’issue de celui-ci malgré une lecture plus qu’addictive. C’est un peu paradoxal me direz-vous, je pense que j’ai aimé ce roman mais il m’a laissé un goût de trop peu ou peut-être en attendais-je trop ? Connaissant l’auteure, nous étions allées l’écouter parler du polar français lors du dernier salon du livre de Paris et sa manière de parler de son dernier roman a fini de me convaincre de me le procurer à sa sortie. Je me suis donc ruée dessus en le voyant dans ma bouquinerie préférée de Bruxelles. Suite à cette rencontre et l’envie de retrouver l’univers de Karine Giebel, j’en espérais un peu trop et c’est donc un avis en demi-teinte que je vous livre ici et croyez-moi, cela me fend le cœur…

La quatrième de couverture

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Mon avis

Le roman a le mérite de mettre en lumière un sujet aberrant : l’esclavagisme moderne. De jeunes filles sont arrachées de leur famille et de leur pays pour venir servir des familles françaises en étant exploitées, séquestrées, maltraitées… Méconnus de la plupart des gens, ces faits dépassent souvent l’entendement et la fiction. L’auteure dépeint ici le quotidien d’une fillette, Tama, esclave d’une famille parisienne bourgeoise et ne nous épargne pas en matière de violence. Sur ce point justement, je trouve que l’auteure est dans la surenchère. Même si la réalité ressemble à cela et qu’il est bon de la dénoncer, ces scènes répétées m’ont un peu lassées dans la première partie du roman que j’ai donc trouvée assez longue. En outre, j’ai eu une désagréable impression de déjà-vu et le tout est de facture assez classique pour un thriller.

Mais ne partez pas tout de suite, il y a tout de même des points positifs : un rythme infernal, des rebondissements incessants, une écriture percutante et une tension permanente. Malgré les 744 pages, on ne s’ennuie jamais et les pages défilent à une vitesse impressionnante. Je l’ai littéralement dévoré ! L’auteure arrive à maintenir un rythme effréné tout au long du roman grâce à des « cliffhangers » constants à la fin de chapitres courts et bien équilibrés. Le tout est très noir et m’a fait pensé à son roman « Meurtres pour rédemption » dans lequel il n’y avait aucun espoir de salut. J’ai eu également cette impression dans cet opus qui révèle une sombre existence et on ne peut que se prendre d’affection pour le personnage de Tama.

En conclusion, j’ai été déçue de cette lecture pour les défauts que je viens de développer mais j’en attendais aussi beaucoup car Karine Giebel est une auteure que j’apprécie et il ne faut pas passer à côté de ses excellents thrillers. Les lecteurs invétérés de thrillers le trouveront peut-être un peu classique et attendu mais aux autres, que la violence ne rebute pas, je conseille tout de même ce thriller efficace qui aborde un sujet fort. L’auteure cite d’ailleurs l’OICEM (organisation internationale contre l’esclavagisme moderne) dans ses remerciements, elle s’est donc renseignée à ce sujet et son roman reflète certainement une réalité qui fait froid dans le dos !

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Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Toutes blessent la dernière tue, Karine Giebel
Éditions Belfond, 744 pages
Date de parution : 29/03/2018

4 commentaires sur “Toutes blessent la dernière tue – Karine Giebel

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    1. Lequel as-tu essayé de lire ? J’avais beaucoup aimé « Morsures de l’ombre » il y a quelques années. Mais, j’ai l’impression que je suis devenue plus difficile avec le temps concernant les thrillers 😉

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